Le backgammon, reflet de la diversité et des paradoxes de l’entrepreneuriat

Plusieurs traités ont été écrits sur les jeux d’échecs, de go et du backgammon. Trois continents, trois cultures, trois énergies pour trois jeux si différents.

Chaque jeu véhicule un monde merveilleux. Toutefois celui qui n’en finit de me passionner, celui qui a suscité le moins de littérature, celui que j’aimerais donc vous faire découvrir ou redécouvrir est le backgammon.

Il possède à mes yeux une particularité qui le rend espiègle, envoutant et  merveilleux : en utilisant une paire de dés, il intègre et renouvelle cette part d’incertitude, aussi appelée chance, destin ou libre arbitre. C’est selon l’endroit du monde où l’on a grandi.

Le backgammon est le reflet de notre vie en ce sens où tout bouge vite dans une complexité à peine concevable. Parfois on a l’impression de tout maîtriser et un coup du sort remet tout en cause. Il faut repartir de zéro. D’autres fois, quand tout semble aller mal, on vit dans ses tripes le fait de ne jamais être à l’abri d’une bonne surprise qui nous redonne moral et énergie. Le backgammon est un vrai reflet de la diversité et des paradoxes de la vie des humains et donc de celle des entreprises.

Le backgammon vous propose de la stratégie et du mouvement. Disons un mélange de stratégie et de tactique hautement opérationnelles. Une partie peut être un fleuve tranquille où tout se passe à merveille (c’est très rare) ou offrir de nombreux  renversements de positions gagnant/perdant (c’est plus fréquent). Le backgammon bouge, déménage, est renversant, a le goût du piment sucré et procure une excitation unique.

Une paire de dés qui change tout !

Que ce soit au jeu d’échecs ou au jeu de go, toutes les pièces et toutes les règles sont connues. Les joueurs ont le contrôle de l’environnement. Chaque joueur sait ce qu’il possède et ce que son partenaire possède. Ces contenus sont identiques en début de partie.

Au backgammon les joueurs ne connaissent pas la totalité de leur environnement, ce sont les tirages de dés qui rythment la partie.

Une partie de backgammon est donc une série d’imprévus qu’il faut immédiatement intégrer pour agir et avancer. Pour un joueur qui a su se mettre en bonne posture, tous les tirages de dés sont bons à prendre même si certains seraient excellents.  Pour un joueur qui a mal anticipé et qui s’est mis en mauvaise posture, il y a quelques tirages miraculeux et le reste des tirages précipite le scénario catastrophe. On peut voir le joueur de backgammon comme une personne qui essaye de réduire la part de chance dont il a besoin pour gagner (dans la vie aussi on a toujours besoin de chance). Ceci nécessite une vision stratégique du jeu et en même temps une compréhension spontanée des enjeux tactiques. Le court terme et le long terme sont étroitement mêlés.

De la même manière, dans la vraie vie, chaque jour apporte son lot d’imprévus, imprévus avec lesquels il faut composer en permanence (et il n’y a pas seulement que l’humeur du copain ou de la petite copine qui change vite). Dans l’entreprise, les managers intègrent quotidiennement les données de l’environnement interne (embauches, démissions, nouveaux process, changements de caps, aboutissements de la R&D, organisation) et externe (économie, concurrence, niveau de demande des marchés, réglementations) pour élaborer leurs plans d’actions et agir au mieux de leurs intérêts et de ceux de la société (on ne sait pas toujours avec quelle priorité). Dans l’entreprise aussi chaque décision répond à un enjeu opérationnel immédiat tout en restant en adéquation avec la stratégie de développement de l’entreprise.

S’essayer au backgammon permet, dans l’environnement mouvant et complexe qui est notre quotidien, de :
- comprendre sa manière de structurer et développer une activité ;
- travailler l’inter-relation stratégie / décision opérationnelle ;
- élaborer et tester de nouvelles stratégies.

Particularité du backgammon

Un ordinateur peut simuler une partie d’échecs. Sa puissance de calcul lui permet d’établir un arbre de tous les scénarii possibles. Une fois que sont éliminés les chemins qui aboutissent à une impasse, il reste peu de chemins possibles et l’ordinateur est capable de choisir le coup qui présente le plus d’avantages et/ou le moins d’inconvénients.

Il en est tout autrement pour le jeu de backgammon pour lequel l’ordinateur se révèle notoirement incompétent. En effet, le nombre de possibilités à chaque tour de dés et la disparité des possibilités est trop élevée. Essayer de trouver une logique dans tous les scénarii possibles est un non sens. A chaque tirage de dés il y a en effet 24 combinaisons  différentes (dont 6 doubles). Pour chaque combinaison de dés, il y a un nombre élevé de déplacements possibles, chaque déplacement engageant une stratégie spécifique. Il est impossible de trouver un enchainement qui soit gagnant à tous les coups. L’ordinateur est vite perdu car il lui est impossible d’évaluer un coup par rapport à un autre. De plus il suffit d’un bon ou mauvais tirage pour que l’évaluation de la stratégie à adopter change radicalement. Et ça, un programme informatique a vraiment du mal à l’intégrer et à le gérer. Le backgammon est un des rares jeux où vous pourrez battre votre ordinateur, une raison de plus de vous y mettre ?

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